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Le
chemin de la paix
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| 1. Introduction : le chemin de la paix | 5. Les réformes internes pour guider une nouvelle diplomatie | ||||||||||||
| 2. Troisième voie et tiers-mondisme | 6. La boussole de la diplomatie | ||||||||||||
| 3. Quelle Europe ? | 7. L'Europe des marchands | ||||||||||||
| 4. Patriotisme ou nationalisme ? | |||||||||||||
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TROISIEME VOIE ET TIER-MONDISME La ligne traditionnelle de la diplomatie française l’a placée à la tête d’une « troisième voie », dans une volonté de rassembler autour d’elle des pays qui n’accepteraient pas de s’intégrer dans l’un des deux blocs qui se sont affrontés de 1945 à 1990[1]. Parmi ces pays, ceux du tiers-monde qui n’avaient pas encore été conquis par le communisme mais refusaient le modèle capitaliste qu’ils jugeaient inapproprié à leur développement. Avec l’effondrement de l’empire communiste la logique des blocs pouvait sembler à jamais proscrite, et Francis Fukuyama pouvait diagnostiquer « la fin de l’histoire ». Cela n’a pas modifié sensiblement la diplomatie française, pour plusieurs raisons : - cette fin de l’histoire pouvait signifier la suprématie planétaire des Etats-Unis, et ce qu’ils représentaient : la mondialisation marchande. Perspective dangereuse aux yeux de notre Président, puisque de Gaulle avait proclamé que le marché allait faire de nous « les colonisés des Américains ». Ainsi le sentiment anti-américain et anti-capitaliste a-t-il inspiré la poursuite d’une politique de non alignement, en rupture avec l’atlantisme adopté par l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne - l’histoire ne s’était vraisemblablement pas arrêtée au Moyen Orient, et la diplomatie française a toujours voulu maintenir une balance théoriquement égale entre Israël et ses ennemis, mais pratiquement sympathique à la cause palestinienne - les adversaires des Etats-Unis et du marché (dont le noyau de départ a été constitué des déçus et des battus du communisme) ont relancé lors de la conférence de Rio une nouvelle logique des blocs en inventant la lutte du Sud contre le Nord. Non seulement le Nord serait à l’origine de la pauvreté du Sud, mais la surconsommation de ressources naturelles indispensables à la croissance effrénée du Nord aboutirait à une catastrophe écologique. Dès lors, comme naguère, la diplomatie française s’est propulsée en tête de la propagande pour le « développement durable ». Ce faisant elle entendait s’exprimer en particulier au nom des pays pauvres francophones, avec lesquels la France entretient des relations privilégiées. Pour mener sa politique de neutralisme actif, la diplomatie française s’est appuyée sur deux piliers : - d’une part l’ONU : le « machin » tant décrié est finalement devenu notre meilleur allié, parce qu’il est sous influence d’une poussière de potentats, de petits Etats peu démocratiques et assez corrompus unis par l’hostilité aux Etats-Unis. Dans les derniers conflits la France a toujours marqué sa préférence pour une intervention de l’ONU plutôt que des Américains ou de l’OTAN, ou d’une coalition autour des Etats-Unis. Pourtant l’impuissance de l’ONU n’est plus à démontrer, qu’il s’agisse du Ruanda, de la Yougoslavie, de la Côte d’Ivoire ou du Liban. -
D’autre part l’axe Paris-Berlin : sympathique
au général de Gaulle parce qu’il éliminait les Anglais
du jeu européen, renforcé par François Mitterrand
pour construire l’Europe social-démocrate suivant
le « modèle rhénan », il est devenu avec
Jacques Chirac une arme contre la diplomatie américaine,
et un levier de commande pour l’Europe élargie. L’axe
Paris Berlin a survécu à l’élection d’Angela Merkel,
inapte à maîtriser le SPD, et il a été renforcé par
l’irruption de nouveaux partenaires : Espagne,
Italie, et plus « prometteuse » encore la
Russie de Vladimir Poutine. L’inconvénient
d’une diplomatie neutraliste est a priori de ne plus
savoir exactement dans quel camp on se situe, de prendre
des coups des deux côtés. Toutefois les partisans
de cette politique font précisément valoir qu’elle
refuse la notion de « camp » ou de « côté ».
Mais on ne peut refuser la réalité, qui est bien aujourd’hui
celle de l’émergence de nouveaux périls. Que signifie
une position neutraliste face à l’offensive des extrémistes
islamistes, ou face à la renaissance d’une Russie
impérialiste, ou face à l’explosion chinoise, ou face
au fanatisme marxiste latino-américain ? Elle
revient à un pacifisme bêlant, tellement désuet et
décalé qu’il fait perdre tout crédit à ses adeptes.
Voilà comment, au nom de la grandeur de la France,
on ne pèse plus rien dans le concert international. [1] L’effondrement du bloc communiste
a été amorcé en 1989, il s’est apparemment terminé
avec la disparition du Parti Communiste de l’URSS
en août 1991. En 1980 Valéry Giscard d’Estaing allait
déposer des roses sur la tombe de Lénine, alors
que Solidarnosc et le Pape Jean Paul II travaillaient
à la libération de la Pologne.
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