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Le
chemin de la paix
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| 1. Introduction : le chemin de la paix | 5. Les réformes internes pour guider une nouvelle diplomatie | ||||||||||||
| 2. Troisième voie et tiers-mondisme | 6. La boussole de la diplomatie | ||||||||||||
| 3. Quelle Europe ? | 7. L'Europe des marchands | ||||||||||||
| 4. Patriotisme ou nationalisme ? | |||||||||||||
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QUELLE EUROPE ? Le prestige de la France a été quelque peu écorné par le rejet du projet de constitution européenne lors du referendum de mai 2005. Ce projet s’inscrivait naturellement dans la ligne du neutralisme de notre diplomatie, et son rejet ne marque que l’échec de notre politique étrangère. Certes le camp du non était loin d’être homogène, réunissant des souverainistes, des gauchistes et communistes, des libéraux authentiques. Mais le camp du oui, en dépit de la bizarrerie de l’alliance UMP-PS, avait sa logique : il s’agissait de construire une Europe fondée tout à la fois sur le refus de l’Europe marchande (pour lui préférer le « modèle rhénan » et les politiques économiques communes) et sur le désir d’un pouvoir politique européen capable de marquer sa différence dans le concert international. A vrai dire les ambiguïtés sur l’Europe remontent au traité de Rome, et même au-delà. Le choix n’a jamais été clairement fait entre une Europe espace et une Europe pouvoir. D’un côté il s’agit de gommer les frontières économiques et de créer une zone de libre échange organisée suivant les lois du marché ; par cette voie les peuples se rapprochent et s’enrichissent de leur diversité. D’un autre côté, il faut doter l’Europe d’institutions politiques centralisées, avec un exécutif et un législatif efficaces dans des compétences élargies, notamment en matière économique où l’on doit aménager, voire dépasser les lois du marché à travers des politiques agricoles, industrielles, budgétaires et monétaires communes. Une politique commerciale commune tendrait à protéger le marché européen contre la concurrence étrangère. L’Europe forteresse économique devrait défendre ses positions face aux dérives de la mondialisation, notamment face à la puissance des Etats-Unis et des pays émergents. Entre les deux Europe, le traité de Rome n’avait pas tranché. Le libre échange industriel avait pour compensation la politique agricole commune et les réglementations communautaires. Certains éléments de supra-nationalité étaient introduits, mais la règle de l’unanimité des Etats membres s’imposait au Conseil. Après quelques années, la preuve avait été faite que ce qui réussissait était plutôt ce qui était marchand, tandis que les politiques communes échouaient totalement. En 1985 l’Acte Unique orientait l’Europe vers plus d’ouverture économique encore, mais décidait l’union monétaire et la création de l’Euro, cheval de Troie de Jacques Delors et des partisans de l’Europe politique et « sociale ». Depuis lors, cette conception n’a cessé de progresser dans l’esprit des dirigeants, sous l’impulsion de l’axe Paris-Berlin, mais elle n’a pu prendre corps parce qu’en même temps de nouveaux pays frappaient à la porte de l’Union Européenne, et que l’organisation d’un pouvoir central à 25, puis à 27 se révélait plus difficile qu’à 15 et a fortiori à 12. Les
incertitudes européennes demeurent aujourd’hui et
bien que Jacques Chirac fasse tout son possible pour
accélérer le processus, il est vraisemblable que rien
de décisif ne se fera avant 2007, il est donc déterminant
que les candidats se prononcent sur le futur européen.
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