Le chemin de la paix
1. Introduction : le chemin de la paix 5. Les réformes internes pour guider une nouvelle diplomatie
2. Troisième voie et tiers-mondisme 6. La boussole de la diplomatie
3. Quelle Europe ? 7. L'Europe des marchands
4. Patriotisme ou nationalisme ?

LA BOUSSOLE DE LA DIPLOMATIE


Quelle que soit l’harmonie sociale dont elle jouit, une nation doit compter avec le potentiel de violence contenu dans le reste du monde. Il reste hélas de nombreux foyers de totalitarisme, de barbarie, attisés par les passions politiques et religieuses ou par l’échec économique.  Il serait irréaliste de les ignorer, et le pacifisme n’a jamais été le meilleur chemin vers la paix.

Comment orienter une politique étrangère afin de contenir les assauts extérieurs et dissuader les pays belliqueux de recourir à la guerre ? 

Et, une fois que la bonne direction est définie, quels moyens utiliser pour la suivre efficacement ?

En évoquant « l’axe du mal », George W. Bush a doublement choqué : d’abord parce qu’il s’érigeait en moraliste planétaire, ensuite parce qu’il suggérait que les Etats-Unis avaient pour mission de lever la brigade des mœurs. La diplomatie française, en particulier, n’a pas aimé cette approche « unipolaire » des relations internationales.

Pourtant, distinguer le bien du mal, la civilisation de la barbarie, est indispensable à toute conduite responsable, aussi bien dans le domaine public que privé. La mode, il est vrai, est au relativisme : tout se vaut, chacun a son bon droit. Mais quand tout se vaut rien ne vaut, et son bon droit ne peut priver les autres de leur droit. Le relativisme est la négation de la vérité et en voyant le bien partout il entraîne le recul du bien[1]

Cela dit, quels sont les critères qui permettent de repérer le bien et le mal dans les relations internationales ? Ils sont assurément au nombre de deux : d’une part la reconnaissance et la défense des droits individuels, d’autre part le respect des règles du jeu international.

Ils établissent en fait la frontière entre les pays civilisés et ceux qui ne le sont pas.

Les droits individuels ont un caractère universel, puisque liés par définition à la dignité et à la liberté de la personne humaine. Aucun gouvernement ne saurait les violer ou les réduire, et il est un devoir lui aussi universel de tout faire pour les protéger. Chaque Etat doit naturellement garantir ses nationaux pour qu’ils soient conduits sains et saufs dans le monde entier[2]. Un « statut d’homme libre » universel devrait être institué. Mais les autorités étatiques ont aussi un « devoir d’ingérence[3] » quand des peuples entiers sont anéantis, quand le génocide est pratiqué, ou quand la misère s’abat sur un pays, menaçant la vie de milliers de personnes.

A l’inverse il est à remarquer que les pays engagés dans un conflit armé à l’heure actuelle sont pour 80 % des pays totalitaires où les droits fondamentaux ne sont pas respectés : il n’y existe aucune liberté politique, le sort des minorités, des femmes et des enfants, y est inhumain, et la propriété privée n’y est pas respectée. Il y a une forte corrélation entre l’absence de droits de propriété et les conflits armés[4].

Les règles du jeu international conduisent à ne pas agresser les autres et à s’engager dans la voie du désarmement nucléaire et conventionnel. C’est une voie étroite, parce que les uns ne peuvent s’y engager tant que les autres n’y sont pas prêts. Le minimum que l’on puisse espérer dans l’immédiat c’est que cessent les ventes d’armes aux Etats totalitaires et les complicités pour développer le nucléaire militaire  là où il n’existe pas. Les responsabilités de la Russie et de la Chine sont particulièrement lourdes dans ce domaine.

Contrairement à ce qu’une certaine propagande laisse croire, les services de renseignements de tous les pays libres connaissent les ramifications du terrorisme planétaire et les complicités dont il bénéficie. Refuser de sanctionner les criminels et leurs complices est un pari dangereux.

Enfin, les discours bellicistes et fanatiques font parfois autant de mal que les armes. La guerre psychologique, la subversion des esprits, devraient être dénoncées et combattues par des dirigeants soucieux de la sécurité de leurs nationaux.

Mais comment mettre en place toutes ces politiques de défense de la paix dans le monde ?

Les espoirs placés dans les institutions internationales ont été déçus. L’ONU a fait la preuve de son inefficacité et le plus souvent de sa nocivité, parce qu’elle est devenue le champ clos des appétits des dictateurs du monde entier. Il n’est à voir comment est composée et menée la Commission des Droits de l’Homme (elle a même été présidée par la Libye !). Il ne fait guère de doute que les pays libres doivent cesser de songer à des forces d’intervention dirigées par ceux-là même qui sont dans « l’axe du mal » pour renforcer leur coopération militaire et mener ensemble des opérations multinationales. La paix dans le monde a aujourd’hui dépassé les moyens et les droits d’un Etat isolé, et les Etats-Unis eux-mêmes en sont conscients. La seule solution raisonnable est celle de forces multinationales, fatalement intégrées pour des raisons techniques, stratégiques et diplomatiques. C’est le projet que veulent mener certains gouvernements européens, mais on peut se demander s’il est réaliste à un double titre : d’une part il suppose que l’Europe aurait des comportements et des politiques différents de ceux des autres pays libres du monde, et ne saurait donc s’intégrer dans une force élargie au-delà de ses frontières, d’autre part il semblerait que les diplomaties européennes ne soient pas consensuelles, les unes étant atlantiques, les autres continentales[5]. Voilà de quoi tempérer l’enthousiasme des partisans d’une Europe politique.

 

Le chemin des réformes

 

Dès 2007 Révision de la diplomatie française et rupture avec les amitiés suspectes comme celles des marxistes latino-américains, des dictatures africaines, de Vladimir Poutine. et des pays du Moyen Orient qui entretiennent les conflits dans cette région.

Contribution à la mise en place d’une force d’intervention multinationale commune aux pays libres.

Coopération renforcée dans la lutte contre les réseaux terroristes mondiaux

Arrêt des livraisons d’armes aux Etats suspects de soutenir le terrorisme et de cultiver la haine des autres nations

A plus long terme : poursuite du désarmement nucléaire

Création d’un statut de l’homme libre ayant validité universelle

 

 



[1] Les méfaits du relativisme sont particulièrement analysés et combattus par SS le Pape Benoit XVI.

[2] Avant que l’on inventât le Passeport, les gouvernements accordaient des « sauf conduits ». Les passeports tirent leur origine des « livrets de travail » permettant à un étranger de venir travailler dans un pays, c’était déjà une mesure discriminatoire et protectionniste (« Ils viennent manger le pain des Français »)

[3] Pour faire référence à un autre Pape contemporain, c’est Jean Paul II qui s’est fait le héraut du droit d’ingérence.

[4] La raison en est bien simple : quand on ne peut pas s’approprier un bien par des procédures marchandes supposant un transfert de droits de propriété, on se l’accapare par la force. La violence règle ainsi les rapports quotidiens, elle ne tarde pas à s’exprimer au niveau international car le pouvoir ne peut se légitimer qu’en dressant les peuples contre les autres Cf. l’étude de Gérald O’Driscoll dans Index of Economic Freedom,2002.

[5] Et, actuellement, un nouveau clivage se dessine concernant l’attitude à tenir à l’égard de la Russie de Poutine, et sa politique en Tchétchénie, en Biélorussie, en Ukraine, Georgie, etc.

 

 

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